Yellow Bridge Consulting

22
Nov

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A-t-on encore besoin de formateurs?

La fin d’année approche, c’est toujours une période très chargée dans les services formation des entreprises et des collectivités.

Il s’agit d’une part de terminer les actions initiées cette année – il reste encore des jours à « placer » ici et là – mais aussi de définir celles qui démarreront tout début 2017, qui devront parfois répondre à des besoins urgents de formation.

Pour les responsables formation se posent alors de nombreuses questions: choix des thématiques prioritaires à mettre en œuvre l’année prochaine, fixation des objectifs des formations, sélection des intervenants…

Et c’est là qu’une interrogation peut légitimement émerger et remettre en question la procédure habituelle : « Mais au fait, a-t-on vraiment besoin de formateurs? »

e-learning FOAD
…oui, pourquoi faire une formation en présentiel, sortir les collaborateurs de leurs bureaux alors qu’ils peuvent suivre une formation devant leur écran ? Les intervenants « en chair et en os » sont-ils encore indispensables? En effet, la formation à distance est présente partout, sous toutes les formes. Les coûts défient toute concurrence, la flexibilité qui en découle est parfaitement rassurante. Mais… Nous vous invitons à lire cette petite histoire qui pourrait bien vous donner un éclairage sur notre vision de « former…et être formé ».

« C’était l’autre soir, il est 20h45, la lumière de la salle s’éteint enfin. Trente ans que j’attends cela, trente ans. Je m’étais juré d’y être, d’y être le jour où ils rejoueraient ensemble. Dans vingt secondes, ce sera chose faite.

Je suis prêt, comme un participant qui installé à sa table, à 8h59, attend le démarrage de la formation, et appréhende de savoir qui va être en face de lui. Bien sûr, en vidéo, en e-learning, cette sensation n’existe pas.

Ils démarrent, fort, direct, avec un « Crache ton venin » teinté d’un rock pur et dur, comme n’importe quel formateur qui entre en scène en donnant du volume à son auditoire. En e-learning, on règle le volume du son sur l’ordinateur, ça n’a rien à voir.

J’ai de l’émotion, beaucoup d’émotion, Richard est au milieu à la batterie, ses baguettes et ses bras toujours aussi magiques, Jean-Louis à gauche et Louis à droite, leurs guitares toujours électriques. Ils n’ont pas choisi leur position par hasard, ils bougent, ils marchent, ils courent, ils frappent fort. Comme n’importe quel formateur qui occupe l’espace, qui se rapproche des apprenants, qui dynamise par sa seule présence. En e-learning, la seule chose qui bouge un peu, c’est l’orientation de mon écran.
formation distance

Ils s’adaptent, accélèrent, ralentissent en fonction du ressenti du public. Ils respectent leur programme mais ils choisissent le rythme. Tout comme le formateur qui s’adapte donne du rythme ou ralentit, pose des questions, s’arrête pour laisser parler, écoute… En e-learning, j’accélère éventuellement en appuyant sur une touche qui rend inaudible le son, ou je ralentis de la même façon.

Ils sont convaincants, ils m’émerveillent, ils m’enthousiasment ! Aucun de leur disque, aucun de leur DVD ne m’a procuré ce que je ressens. Je vibre, j’ai peur que ça s’arrête déjà. En formation, les ateliers permettent de ressentir les choses, de se mettre en situation, d’apprendre en faisant, en expérimentant. De rire de certaines situations. De dédramatiser le quotidien. En e-learning, je regarde ma montre en me disant qu’il en reste encore pour pas mal de temps, j’espère que ça va bientôt s’arrêter, mon portable dans ma poche est le seul à vibrer car j’ai oublié de le couper.

Et puis, c’est fini. Déjà. La lumière s’éteint comme s’éteint celle du vidéo-projecteur. J’ai envie de les voir encore, de les remercier, de les féliciter. Alors, avant de partir, je vais les saluer comme on va voir le formateur à la fin de la formation avant de quitter la salle de séminaire. Je les remercie de leur humilité, de leur talent, de leur utilité. En e-learning, j’éteins mon écran et c’est fini. Tout est fini. Comme lorsque, après avoir regardé un DVD ou écouté un CD, je le range dans sa boîte puis le remets sur l’étagère.

Puis je remonte dans ma voiture heureux et je reprends la route. Oui ça m’a coûté plus cher que le DVD, oui j’ai eu un déplacement qui m’a pris du temps c’est vrai. Mais l’émotion, ce que ça m’aura apporté n’aura rien eu à voir avec un film ou une connexion.

Une formation est un moment de vie, une émotion

Une formation est un moment de vie, une émotion

Une pièce de théâtre ne donne rien à la télévision alors que dans la salle, le souffle des acteurs nous fait flotter. C’est incomparable. Le temps des restrictions a sonné depuis longtemps, des économies à tout va, des prétextes pour industrialiser les choses. Mais moi je crois encore que rien ne remplacera vraiment le réel. Ce soir là au Zénith, c’était un moment unique comme celui d’une formation où il y a une rencontre, un rendez-vous, un moment de vie, des émotions. Et ça, ça n’a pas de prix.
Je me demande déjà quand sera la prochaine fois, dans quelle ville, comme l’on se demande quand se déroulera la prochaine formation avec le formateur ou la formatrice que l’on a apprécié, que l’on a adopté. Je n’attends pas avec la même impatience la prochaine session d’e-learning, c’est certain.»

Cette sensation, ces quelques arguments ne remettent pas en question l’intérêt des nouvelles technologies mais les ramènent à leurs justes valeurs et à leurs justes proportions. On peut avoir des émotions devant un film, en écoutant un disque, en lisant un livre mais on ne perçoit pas complètement la chaleur de l’autre, son existence, son adaptation à ce que l’on ressent, à ce qu’on lui donne. Nous dirons juste que c’est simplement…’Un autre monde’.

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