Yellow Bridge Consulting

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Fév

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En février, rendons possible l’exigence


En 2017, rendons possible ce qui ne semble pas l’être. Février est le mois de l’exigence chez Yellow Bridge!

Qu’est-ce que l’exigence?

Etre exigeant, c’est être mobilisé vers les résultats et l’atteinte des objectifs fixés. C’est inciter à l’effort et à la progression et mettre en œuvre des démarches à cet effet.

C’est aussi la capacité à demander des choses utiles ou nécessaires aux autres ou à soi même et s’autoriser à suivre et contrôler les réalisations.

En février, soyons exigeants

Etre exigeant a une connotation bien souvent négative, on l’associe avec un excès d’exigence, allant même parfois jusqu’à l’autoritarisme. Un manager exigeant est souvent vu comme quelqu’un de dur, parfois d’agressif, intransigeant.

De l’exigence, nous en avons tous. Seulement, notre curseur n’est pas placé au même endroit. Pour certains il va être très (trop) élevé, ce qui se traduira effectivement par un management dur, un encadrant qui demande l’impossible ; à l’inverse chez d’autres il est (trop) bas, mettant le manager dans une posture d’accommodation, voire de laxisme. Entre les deux, il convient de trouver le bon dosage.

Les deux mots clés à garder en tête sont les suivants : utilité et nécessité.

Le curseur de l'exigence

Le curseur de l’exigence

Pourquoi est-ce important pour un manager d’être exigeant ?

L’exigence a de nombreuses vertus en management, c’est la clé de voute de l’atteinte des résultats. Sans exigence, pas d’objectifs, pas de suivi, et par conséquent, pas de réussites. L’exigence, lorsqu’elle est bien maîtrisée, bien dosée, est un formidable levier de performance et de développement.

L’exigence est fortement liée à la fixation d’objectifs. Sans le savoir, ou du moins sans en être totalement conscients, nous fonctionnons tous aux objectifs. Observez vous lorsque vous faites du sport, par exemple. Réussissez-vous à progresser sans vous être fixé un objectif ? Cet objectif n’est pas toujours clairement formulé : pour certains il s’agira de d’affiner sa pratique ; pour d’autres il s’agira de se maintenir en forme ; pour d’autres encore ça sera perdre du poids… les motivations sont variées mais elles existent. En management, c’est le rôle de l’encadrant de fixer des objectifs à ses collaborateurs.
L'exigence est fortement liée à la fixation d'objectifs

L’exigence est fortement liée à la fixation d’objectifs

Ces objectifs doivent être certes ambitieux, pour mettre la personne dans l’effort, mais aussi atteignables, pour ne pas décourager.Avec un manager exigeant, les collaborateurs savent ce qu’on attend d’eux, ils savent qu’ils doivent agir et qu’ils auront à rendre des comptes. Ainsi, les résultats seront plus facilement atteints et cela favorisera le sentiment de réussite, d’efficacité, parfois même de dépassement de soi…

Outre ce bénéfice, le fait d’être exigeant comporte un autre avantage, et de taille. Le manager exigeant envers les autres et envers lui-même sera crédible et légitime dans ses demandes. Il gagnera en confiance et en affirmation de soi. Nous parlerons de ce comportement clé dans quelques mois.

Quels sont les risques pour un manager qui manque d’exigence?

Un manager qui manque d'exigence risque de ne rien voir

Un manager qui manque d’exigence risque de ne rien voir

Nous avons vu qu’un manager non exigeant tombe dans l’accommodation (il voit, il dit mais n’objective pas d’amélioration), la complaisance (il voit mais ne dit rien) voire dans le laxisme (il ne voit rien). Dans ces différents cas de figure, il y a peu de chance que les résultats soient atteints, sauf avec des collaborateurs très autonomes et motivés. Mais la plupart du temps, l’insuffisance d’exigence du manager va induire chez les collaborateurs des comportements de passivité ou de négligence qui sont peu propices à l’efficacité. A l’inverse, lorsque l’exigence existe mais qu’elle est mal exprimée, ou trop forte, elle peut être ressentie comme excessive et être source de stress.

Les conséquences seront évidemment néfastes et le risque de démobilisation de l’entourage, voire de découragement des équipes, devient réel. Dans les cas les plus extrêmes, l’excès d’exigence génère pour les collaborateurs de l’anxiété, du stress, de la souffrance…

Comment travailler votre exigence ?

La première chose à se demander, pour savoir si notre exigence est légitime, est la suivante : ma demande est-elle utile ou nécessaire ? Si la réponse est OUI, alors cette exigence a une raison d’être et elle devra être appliquée. En revanche, dans le cas inverse elle n’aura aucune légitimité et n’aura probablement aucune conséquence positive. Ainsi, retenez bien les notions d’utilité et de nécessité comme critères, indicateurs pour vous assurer que la demande a bien lieu d’être.

Ensuite, dans la mise en oeuvre de l’exigence, l’élément central pour le manager sera d’apprendre à fixer des objectifs. Notre expérience a montré que cet exercice est difficile pour bon nombre de manager. Il y a la difficulté de savoir QUOI fixer, COMMENT formuler et DE QUELLE MANIERE s’assurer qu’ils seront atteints. Plutôt que de se lancer dans cette aventure périlleuse, bon nombre de managers s’affranchissent finalement de cette tâche chronophage et ingrate, qui risquerait en plus de leur mettre certains collaborateurs à dos.Il est vrai que fixer des objectifs n’est pas simple. Pour être efficaces, ils doivent impérativement répondre à certains critères :
Les objectifs doivent toujours être formalisés, formulés correctement

Les objectifs doivent toujours être formalisés, formulés correctement

toujours être formalisés, formulés correctement de manière à pouvoir comprendre leur sens et leur finalité ;
être mesurables et limités dans le temps de manière à ce que l’on puisse voir, visuellement ou mathématiquement, s’ils ont été atteinte ou non ;
être ambitieux pour mettre les collaborateurs dans l’effort, les faire progresser, mais en même temps rester réalistes.


Cela ne vous semble pas concret ? Prenons un exemple. Imaginons que j’aie pris la résolution, pour 2017, de perdre du poids. Mon objectif sera-t-il de faire du sport ? NON bien sûr ! Le sport sera un moyen d’atteindre cet objectif. Un bon objectif serait « Au 1er juillet 2017, avoir perdu 3 kg par rapport à mon poids actuel ». Et en effet pour atteindre cet objectif, je vais devoir mettre en place un plan d’action qui inclura probablement de faire plus de sport, de manger plus sainement, etc.

Une fois les objectifs fixés, il sera impératif de mettre en place un plan d’action puis un suivi. Encore une fois, le manager devra faire preuve d’exigence envers les autres et envers lui-même. Il s’agira des points d’étapes et suivre les objectifs, contrôler régulièrement le travail, être attentif aux attitudes, accompagner lorsque cela s’avère nécessaire…et dire lorsque les résultats ne sont pas suffisants.

Tout cela prend du temps, beaucoup de temps, dans le quotidien d’un manager. Mais lorsque vous aurez déterminé une manière de fonctionner avec vos collaborateurs, qu’ils connaîtront votre exigence et saurons exactement ce qu’on attend d’eux, le temps gagné sera bien plus important.

L’interview du mois

Ce mois-ci, nous avons interrogé Christelle Laux, Chef de Service à la Direction des stages de l’ENA (Ecole Nationale d’Administration) de Strasbourg, sur sa vision de l’exigence dans ses pratiques managériales.

LAUX
Qu’est pour vous, l’exigence?

L’exigence constitue selon moi l’une des qualités indispensables d’un manager, l’un des piliers de la réussite collective dès lors qu’elle sert un objectif clairement défini et partagé. Si elle est bien exercée, l’exigence devient le moteur de l’amélioration de la performance et un vecteur de réussite et de motivation de l’équipe : le rappel des valeurs de la structure et le souci du détail, par exemple, poussent à être meilleur. En ce sens l’exigence peut même devenir un catalyseur de projet.

Ainsi, l’exigence aboutit la plupart du temps à un gain de temps si le travail est bien fait dès le début et contribue ainsi à la tenue des délais.

Pourriez-vous partager l’une de vos expériences au cours de laquelle vous avez du faire preuve d’exigence ?

L’établissement qui m’emploie est très exposé médiatiquement et surveillé par l’opinion publique. Cette situation impose une obligation de qualité des écrits et procédures qui s’adressent quasi exclusivement à des interlocuteurs de haut rang, en interne et à l’extérieur, tous ayant des attentes importantes.

L’exigence s’exerce sur moi directement du fait des fortes attentes du CODIR sur les objectifs et performances des équipes. Elle fait partie de mon quotidien dans le suivi de l’activité de ma direction et dans la construction et la réalisation des objectifs.

Auriez-vous un exemple concret ?

La semaine dernière, j’ai fait refaire 3 fois un très gros mailing imparfaitement réalisé par un collaborateur nouveau. J’ai conscience que refaire 3 fois la même chose était sans doute fastidieux, néanmoins, je lui ai répété deux fois le résultat attendu en lui rappelant l’objectif (une information vérifiée sur le fond, uniformisée et soignée sur la présentation et utilisable en l’état par le destinataire) et les enjeux qui le sous-tendent : faciliter l’autonomie des destinataires du mailing pour réduire le volume des réclamations et demandes de renseignements, libérant ainsi du temps de travail à l’ensemble de l’équipe.

En tant que responsable d’une équipe de 10 personnes, de quelle manière pouvez-vous observer les bénéfices d’une exigence équilibrée sur les collaborateurs ?

Le bénéfice principal est indéniablement la progression globale de l’équipe, incitée à faire mieux/plus vite, donc à gagner en efficacité. Vient ensuite la confiance des partenaires qui peuvent se fier à l’information produite ou au projet mis en œuvre. Une exigence bien mise en œuvre au sein d’une équipe installe la confiance du manager qui peut déléguer davantage et enclencher de nouveaux projets. Les collaborateurs sont ainsi valorisés en acquérant de nouvelles responsabilités.

L'Ecole Nationale d'Administration de Strasbourg

L’Ecole Nationale d’Administration de Strasbourg

Êtes-vous également amenée à faire preuve d’exigence sur vous-même dans votre travail quotidien ? Auriez-vous un exemple concret ?

Bien évidemment, c’est indispensable. Comment être exigeante envers mon équipe si je n’exige pas au moins autant de moi-même ? C’est tout simplement une question de crédibilité : je n’ai aucune chance d’être suivie ni comprise si j’exige ponctualité, présentation, maîtrise de soi, travaux sans erreurs, tenue des délais etc. de mes équipes et que je ne le fais pas moi-même !

Quel conseil donneriez-vous à des personnes qui souhaiteraient placer le curseur de l’exigence au bon endroit ?

Je recommanderais de placer l’exigence en haut de la liste des qualités d’un manager. Le curseur de l’exigence envers ses équipes doit se placer juste en dessous de celui que l’on se place à soi-même en tant que manager. Toujours garder à l’esprit que l’exigence doit toujours être au service d’un objectif et qu’elle doit être illustrée et expliquée.

Avez-vous déjà rencontré des difficultés liées à un manque d’exigence ?

Certainement. Dans un premier poste d’encadrement, faute d’avoir osé imposer les règles. La principale difficulté fut ma frustration : celle d’avoir obtenu un résultat insatisfaisant, voire inutilisable. Une autre difficulté fut ensuite d’avoir raté un objectif faute d’avoir tenu le délai.

… à un excès d’exigence ?

Peut-on être trop exigeant ? Peut-on « trop bien faire » ? je ne pense pas. En revanche mal cibler son exigence en regard d’un objectif peut faire perdre du temps et décourager les collaborateurs qui n’en comprennent pas l’enjeu et pourront même avoir le sentiment de ne pas être à la hauteur.
Attention toutefois au piège souvent rencontré d’excès d’exigence : celui que l’on s’applique à soi-même car il peut dériver vers une incapacité à prendre du recul et, à l’extrême, mener au burn out.

Par quoi (ou qui) êtes vous inspirée dans ce domaine ?

« Rien n’est aussi contagieux que l’exemple »
La Rochefoucault

« Chaque fois que le But final n’est pas nettement fixé, la mission échoue. Donc, simplicité dans l’énoncé de vos missions, votre intention est le But, le But, le But. »
Général Leclerc

…et la suite?

Si vous souhaitez aller plus loin, en savoir plus, creuser comment vous pourriez véritablement changer dans votre contexte précis, avec quels moyens et de quelle manière, contactez-nous ! Ensemble nous pourrons définir ce que signifie, pour vous, « l’impossible » et vous conseiller un accompagnement personnalisé pour pouvoir tout simplement et véritablement le #rendrepossible en 2017.

En 2017, rendons possible ce qui ne semble pas l’être ! Rendez-vous en mars pour parler de communication. #rendrepossible

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